LA PORTE (véritable onanisme cérébral)
--> Et si nous étions tous en enfer ???
Un couloir obscur, des hommes vêtus de sombre avancent lentement vers une porte métallique. Leurs visages sont inexpressifs. L’un d’eux saisit un trousseau de clés et ouvre la cellule. Un homme en chemise grisâtre et un pantalon usé est assis dans un coin. Il a replié ses jambes contre son torse et a passé ses bras autour de ses genoux. Les gardiens s’approchent de lui et le relèvent brusquement bien qu’il résiste. Ils l’entraînent à leur suite dans un dédale de coursives, pour arriver enfin dans une vaste pièce mal éclairée où un homme en toge noire attend. Le détenu, traîné devant cet homme de loi, s’effondre à ses pieds. C’est alors que le chef d’accusation et la sentence tombent. La voix qui s’exprime est caverneuse, sèche et tranchante : Alors je n’ai qu’un conseil à vous donner : LA PORTE ne s’ouvrira plus et aucun retour dans ce monde meilleur, imaginaire ou pas nous ne le saurons jamais, n’est possible ! Alors, profitez de cette vie en ENFER qui vous est offerte et rendez-la meilleure vous-même. Ne regardez plus cette porte fermée, ne regardez pas continuellement derrière vous et sachez que votre vie dépend de vous et de vous seul !!! Alors, retroussez vos manches et améliorez votre quotidien, car c’est à la portée de chacun de nous : avec de la volonté on peut arriver à tout, surtout que « la douleur, c’est dans la tête » ! (référence « Fight Club »)
"Vous êtes accusé de n’avoir pas respecté les principales règles de notre communauté. C’est pourquoi vous êtes condamné au châtiment de LA PORTE !!!"
L’homme se prosterne devant son juge, s’accrochant aux jambes de ce dernier, il sanglote. Il demande l’indulgence de ses accusateurs, promet de ne plus commettre le moindre écart, jure qu’il ne recommencera plus jamais… Mais le verdict est sans appel… l’Homme tout de noir vêtu reste insensible au prisonnier le suppliant. Les gardiens s’approchent de nouveau du pauvre hère qui renifle entre deux sanglots et le relèvent difficilement car il se débat. Ils sont obligés de le porter, ses pieds ne touchent plus le sol… ils se dirigent, lentement, solennellement, vers le fond de la pièce… le prévenu hurle, tente de se soustraire à ses tortionnaires, mais en vain !!! Il les supplie de le condamner à n’importe quel châtiment, mais surtout pas à celui de LA PORTE !!! Il ne veut pas aller en enfer !
Ses hurlements ne sont malheureusement pas entendus et ils parviennent devant LA PORTE ! Dans un léger grincement, elle s’ouvre doucement et le malheureux est poussé brutalement à l’extérieur avant qu’elle ne se referme rapidement. Il se met alors à tambouriner de ses poings, en hurlant, réclamant encore une dernière fois la clémence ! Mais elle ne s’ouvre pas, elle ne s’ouvrira plus jamais pour lui.
Tandis qu’il est là, tentant de l’ouvrir, de se faire entendre… des larmes de désespoir roulant sur ses joues, un homme en costume pose sa main sur son épaule. Il se retourne, les yeux remplis de larmes, l’air abattu ! Et c’est seulement à ce moment-là qu’il regarde autour de lui : il se trouve dans une rue identique à celles que nous connaissons aujourd’hui, avec des boutiques, des habitations, des gens promenant leurs enfants.. Le visage de l’inconnu, celui-là même qui a posé sa main sur son épaule, est compatissant. Tout en le prenant gentiment par le bras, il l’emmène en disant, tout en désignant LA PORTE :
"Inutile d’espérer pouvoir y entrer à nouveau. Moi aussi je suis resté devant durant des heures, moi aussi j’y suis revenu de nombreuses fois. Il faut vous y faire, vous n’avez pas d’autre choix. Je vous souhaite la bienvenue en ENFER !"
Ils partent tous les deux, l’un courbé sous le lourd fardeau d’avoir franchi LA PORTE sans aucun retour possible et l’autre soutenant son nouvel ami, décidé à l’aider dans sa nouvelle vie. Ils disparaissent au tournant d’une rue, au milieu de la foule…![]()
C'était le moment philosophique de Balkiara !!!
Ecrit par Balkiara, le Jeudi 24 Janvier 2008, 15:13 dans la rubrique "Rélexions Philosophiques".

Commentaires
hermann
28-01-08 à 11:07
looool
C'est sympa, triste, au fond, mais l'idée est bien (et quelle illustration ^__^).
Par contre, y'a quelques fautes, hein... Pas beaucoup, une ou deux, mais à certains moments, ça pêche.
Par exemple(mais là, c'est peut-être pas une faute), "le malheureux est poussé brutalement..." C'est pas à l'intérieur qu'il est poussé plutôt?
Bon ça peut être à l'extérieur, mais ça fait bizarre en le lisant, enfin, c'est ce que ça m'a fait...
Bref, on s'en fout, c'est pas mal du tout!!
Re:
Balkiara
28-01-08 à 15:01
Hé Hé !!! c'est bien là toute la question : où se trouve l'intérieur et où se trouve l'extérieur ? Est-il expulsé dehors et à ce moment-là il était dedans, ou bien est-il projeté dedans et il était dehors ?
On pourrait pensé qu'il était dans une pièce sombre et il se retrouve dans une rue pleine de vie, mais quelle vie avait-il avant de passer en jugement ? avant de terminer dans cette cellule sombre ?
Nous pensons tous de façon différente et c'est ce qui est amusant justement, surtout que l'imaginaire peut allait plus loin que la réalité ! Niark Niark Niark !!!
L'Enfer est-il dedans ou dehors ?
Comme l'a si bien dit Jean Paul SARTRE à la fin de la pièce "Huit Clos" : "l'enfer, c'est les autres" : petite phrase à méditer !
Pour la "porte de l'enfer" de Rodin, le choix est volontaire de ma part car je sais que tu l'aimes bien et j'espère qu'à ton prochain voyage tu pourras la voir en vrai de vrai (j'ai toujours les billets d'aileurs)
Re:
hermann
28-01-08 à 15:52
loool
Certes, mais tout se définit par rapport à l'endroit où il était, pas l'inverse...
S'il était en intérieur, alors il ira à l'extérieur, sous-entendu, de la pièce où il se trouve.
A moins que tu ne précises et là, tu peux dire à l'intérieur de quoi. Genre, imaginons une personne qui se trouve dans une salle, ben tu peux dire: il va à l'intérieur de la pièce suivante.
C'est pas une question de rhétorique, là, Ghighi, c'est de parler français ^^
Re:
Balkiara
28-01-08 à 16:40
Tu n'es pas le premier à trouver ce passage bizarre, mais en me relisant j'ai mis : "ils se dirigent, lentement, solennellement, vers le fond de la pièce…" on peut donc en déduire qu'ils sont une gigantesque pièce et que LA PORTE s'y trouve et donne sur l'extérieur !!!